Je met ici un lien vers un article du Soir (journal belge) sorte de « prologue » au procès fourniret…
J’utilise le terme « prologue » parce qu’à mon humble avis, cet article recadre bien l’historique de toute cette histoire morbide. Et aussi parce qu’il provoque en moi des masses de réflexions….
Je sais bien que je prends un risque, ici, en faisant par de mes réflexions, il va me falloir peser chaque mot pour surtout ne pas blesser les victimes, exprimer simplement ce que mon esprit que j’ose croire logique ressent…
Parce que s’il est une chose de faire dans la démago, de prendre systématiquement le peuple par les tripes et de pleurer sur la veuve et l’orphelin est une chose, je ne vois (à lire l’article) pas pourquoi le président des français (de tous?) a trouvé besoin de créer une nouvelle loi dite « rétention de sureté » ? Je n’enfoncerai pas le clou en parlant de son obséssion à la rendre rétro-active, pas la peine…
Donc si je lis bien, si je résume pareil et si me fie à mes sources :
- Michel Fourniret s’est vu offrir une impunité organisée par les défaillances d’un système judiciaire, policier et pénitencier
- Arrêté (en 1984) pour une série de huit agressions et viols Michel Fourniret est condamné (1987)par la cour d’assises de l’Essonne à sept ans de détention, dont deux avec sursis.
- une enquête classée « sans suite » par des magistrats d’Auxerre qui, en décembre 1987, en avaient ainsi classé la disparition d’une jeune fille.
- Malgré cette lourde condamnation, il sort libre de la prison de Fleury-Mérogis quatre mois plus tard, pour « bonne conduite ».
- Ceux qui le libèrent n’ont pas eu égard aux conclusions des psychiatres entendus lors de son procès. Ces médecins s’inquiétaient d’une « réitération des agressions ». Ils recommandaient une psychanalyse profonde avant de le rendre éventuellement à la liberté.
- Dès sa sortie de Fleury-Mérogis, Fourniret est dispensé du suivi de trois ans qui lui est théoriquement imposé.
- Jamais personne ne s’inquiète : il ne se présente pourtant pas aux services sociaux auprès desquels il est obligé de « pointer ».
- Sa condamnation fait aussitôt l’objet d’une incompréhensible mesure de radiation du casier judiciaire, alors qu’il est toujours théoriquement en probation.
- Ce serait « Une mesure automatique qu’il n’a même pas dû solliciter », indiquait l’ex-procureur général de Reims.
- Michel Fourniret retrouve ainsi une virginité judiciaire. Il a disparu de la mémoire des tribunaux et de celle des policiers.
- Les policiers qui l’interpellent ne retrouvent – et pour cause – aucune trace de Fourniret au casier judiciaire !
- Considéré comme un primo-délinquant, il sera condamné en 1991 à quinze mois de prison avec sursis de neuf mois.
- en 1990 il « passe » devant le tribunal de Nantes pour atteinte à bien d’autruis…
Cerise sur le gâteau – si j’ose dire :s
La justice belge mettra longtemps (un an) à obtenir officiellement les pièces établissant la condamnation de Fourniret en 1987. Des magistrats supputent qu’une erreur de procédure aurait pu conduire à la libération prématurée de l’« Ogre des Ardennes » : le sursis de deux ans pourrait avoir été frappé d’illégalité et avoir entraîné son élargissement immédiat.
Bref…. moche de chez moche tout cela hein ?
Pourtant, me reste une question lanscinante… Pourquoi cette loi de « rétention de sureté » ? Oui pourquoi ?
Soyons sérieux, si les lois existantes avaient été appliquées, on n’en serait pas là ! ces gamines vivraient encore, seraient devenues femmes, mères peut-être. Fourniret est un malade ? oui probablement (je ne suis pas toubib) Olivier est une malade ? oui, probablement (idem).
Nous avons vécu cela en Belgique il y a des années avec l’affaire Dutroux, même laxisme, même non application des lois, m’en foutisme généralisé. Ici, c’est pareil, tous les intervenants ont laissé faire ! Pas un pour écouter les avis médicaux, quand avis il y avait !
Et, en France, un président, une ministre de la justice, qui trouvent plus simple de faire des effets d’annonces et promulguer une nouvelle loi, plutot que de faire appliquer celles qui existent déjà… et dans le même temps de diminuer le nombre de tribunaux, ben tient !
Ce serait tellement simple d’oser avouer les erreurs et errements du système ! de revoir les procédures, de donner des instructions claires et de ne tolérer aucune exception. Ce serait évidemment bien couteux d’y mettre les moyens, les infrastructures, les médecins, les soins, la volonté d’avancer…
Mais c’est tellement plus facile d’inventer une nouvelle loi abjecte ! « rétention de sureté » ! tu parles ! Condamnation à perpétuité, sans jugement et sans aucune possibilité de défense !
Purée, Président, parait que t’es en train de te présidentialiser, commence par reconnaitre que t’as parfois de très mauvaises idées….