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de longue vie à ce blog
en cette veille de 1er mai
le muguet
est de circonstance…
sourires
avril 30, 2006 à 7:52 (Au commencement... et après)
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de longue vie à ce blog
en cette veille de 1er mai
le muguet
est de circonstance…
sourires
avril 30, 2006 à 4:47 (Au commencement... et après)
Nouveau blog, nouvelle adresse…
Finalement, ce n'est pas plus mal… J'aimais bien l'ancien, mais au chantage je ne cèderai jamais… Alors tant qu'à faire autant changer radicalement de style… Sourires…
Je pensais depuis quelques temps à réunir tous mes blogs en un, et ce support ci semble le permettre vu qu'il a une fonction géniale : la protection par mot de passe d'un billet spécifique ! Le nirvana quoi !!! rires…
Bien, à moi maintenant de rapatrier ici certains de mes textes, ceux que j'aime particulièrement…qu'ils soient de Poussières ou d'ailleurs…
En route pour une nouvelle aventure
avril 29, 2006 à 1:35 (Caly l'écrit-vaine, Finalité)
Elle marche dans la ville anonyme, elle flâne… gardant les yeux au ras du bitume, elle refuse les regards, s’interdit l’espoir… l’espoir d’une rencontre, l’espoir d’un sourire… à quoi bon, elle connait l’humain, elle se sent trop bien seule, que pour prendre le risque d’un échange de non-compréhention…
Ses pas la guident vers rien, elle marche au gré de ses envies, pas errante, pas perdante… simplement elle marche, encore et pense, encore… elle entend les rumeurs de la foule autour d’elle, rien d’hostile, mais tellement futiles. Parfois elle s’arrête devant une vitrine, se regarde dans le reflet, en profite aussi pour vérifier que nul ne fait attention à elle… simple reflexe, simple prudence, reste d’instinct de survie acquis dans une autre vie…
En jeans usé et vieux blouson, elle se veut invisible, et pourtant elle le sent, elle sait qu’elle n’arrivera pas à passer inaperçue… elle est trop différente, le port de tête trop fier, la démarche trop altière peut-être… mais qu’importe, un seul regard de ses yeux noirs découragerait les plus entreprenants…
Là-bas, à quelques pas, un homme assis à même le trottoir, à ces cotés un chien, un berger allemand au regard triste et doux… et une pancarte : “j’ai faim”… elle s’interroge, hésite. Qui a faim ? l’homme ou le chien ?… de la main elle tate les quelques pièces dans sa poche, puis se détourne, retourne au dernier shop de hot-dog, en commande deux, mais sans moutarde. Elle revient vers l’homme, lui tend la nourriture… échange de regards… l’homme donne les deux sandwichs au chien,… échange de sourires… Elle offre une clope et quelques pièces à cet inconnu… puis après un geste de la main, s’en retourne vers son destin…
Elle continue ses déambulations, mais l’envie d’un verre se fait sentir… elle regarde les bistrots, les tavernes… Partout elle voit le même film muet, des humains qui gesticulent, qui grimacent, ridicules… elle s’imagine entendre les rires gras, les blagues sur n’importe quoi, sent déjà les regards lubriques qui la détailleront dès son entrée… Cela lui coupe l’envie, elle préfère passer son chemin… marcher encore, jusqu’à la prochaine fontaine publique et là enfin assouvir sa soif…
Le soir tombe lentement… la douceur de l’été se charge de parfums, odeurs de cuisines, odeurs de benzines… elle a faim… au loin la musique de la foire, la grand roue qui tourne, tourne encore, ses pas la conduisent dans le vacarme des manèges, les lumières de la fête.
Faire taire ses angoisses dans le bruit, oublier qu’elle ne sait ou passer la nuit… pas de toit, pas de gîte… marcher encore et toujours pour survivre… Elle se laisse envelopper par la fête, se détend en écoutant les rires d’enfants qui perchés sur les poneys se prennent pour des cow-boys, sourit en écoutant les cris de peur un peu hystériques dans les châteaux de l’horreur… un paquet de frites, double sauce, mayo et anglaise lui calera l’estomac… une terrasse, une bière. En vitesse, vérifier d’un regard périphérique, c’est ok, nul ne fait attention à elle, tous trop occupés à faire la fête…
Une lumière rouge s’allume dans sa tête, elle est trop relax, son attention s’est relâchée, sa vigilance s’est endormie, vite se reprendre… se lever ! partir ! fuir loin d’ici.., loin de la foire…, loin de la foule…
Mais il est trop tard, une main se pose sur son épaule… une manche d’uniforme bleu nuit… une matraque, un képi… un regard mort, une voix atone…. “Mademoiselle, vos papiers s’il vous plait”
Le monde s’écroule… retour case départ… retour vers le noir… menottes aux poings en combi vers l’amigo, passage obligé pour retrouver l’enfer des homes…
c’est la fin de sa cavale…
Caly 2004
avril 29, 2006 à 1:34 (Caly l'écrit-vaine, Finalité)
Elle se laisse guider, paraissant un peu absente, mais les sens en alerte, les yeux éteints, les épaules tombantes, jouant la faible, cherchant la faille dans leur surveillance, l’ouverture vers la sortie, la voie vers la liberté. Malheureusement, les flics sont pas novices… ils la gardent, la regardent, ne la quittent pas des yeux…
Le commissariat, enregistrement, le planton signe la décharge aux flics uniformisés, on la bouscule, on la pousse… du déjà vu, du déjà vécu… Arrivée dans une pièce triste et sale… plusieurs bureaux et deux mecs qui travaillent… l’un lève les yeux, la regarde l’air méprisant, l’air suffisant…
- “vide tes poches”
elle s’exécute, pas le choix… son portefeuille, il n’y a quasi rien dedans… quelques pièces de monnaies, un cran d’arrêt, quelques préservatifs, des clopes, un briquet, une boite d’allumettes…
Elle regarde le flic… grisonnant, malingre, le teint aussi vert que les murs de la pièce… ce vert un peu sale et spécial qui rapelle la couleur sur les murs des classes d’école…
Il fouille dans ses quelques affaires…. lui montre le cran d’arrêt et lui demande :
- “c’est quoi ?”
Haussant les épaules elle le toise :
-”ben…c’est un couteau suisse, M’sieur ! ”
- “tu me prends pour un imbécile ?
- “Heu…. oui, enfin, non M’sieur”
Sa réplique a fait mouche, il trémousse de rage… montrant les préservatifs, il repose la question…
- et ça ?
- elle pense *t’inquiètes à voir ta tête, t’en auras jamais l’usage !* mais sa réponse est plus correcte… enfin un peu : ”ça ne vous regarde pas Monsieur….”
Elle n’a pas le temps de se protéger, la giffle claque, c’est sur qu’elle à une marque… mais elle s’en fout… elle a l’entrainement suffisant que pour ne pas pleurer à ce genre d’argument…
Et de rage elle fixe son regard sur le regard du flic… elle sais qu’elle ne baissera pas les yeux la première… d’ailleurs ce n’est pas une question de caractère, simplement de technique… suffit de capter le regard de l’autre, de le défier… ensuite partir en pensée, se réfugier tout au fond de son esprit et être ailleur, ne plus voir… rêver les yeux ouverts en quelque sorte…
Très vite le poulet se sent mal à l’aise… mais il est du coté du plus fort, il est du coté de la loi. L’interrogatoire continue… où, quand, comment ? elle ne répond pas bien à l’abris dans sa bulle… cette bulle qui ne la quitte pas… Son regard parcours maintenant le décor, elle regarde sans voir… et pourtant, ses yeux tombent sur le calendrier… on est le vendredi 11 août… la terre se déchire, elle chavire… le mardi quinze est férié, et la justice fera le pont, c’est bien connu, ils sont toujours fatigués les magistrats…
Elle prend conscience qu’elle à au moins quatre jours à passer en cellule, ici au sous-sol de ce commissariat, avant d’être déférée devant le juge, celui qu’on appelle juge de la jeunesse … seule et sans possibilité de contact, sans possibilité d’appeler à l’aide…
L’interrogatoire est suivi de la fouille… obligatoire… avilissante, mais elle n’est plus là, elle n’est plus présente… dissociation entre le corps et l’esprit… l’esprit est impossible à fouiller autant s’y réfugier…. au déshabillez-vous, elle répond par un regard méprisant… au penchez-vous, elle est aux abonnés absents.
Pourtant du coin de l’oeil surveiller son jeans, déposé là sur la chaise, parce que dans la ceinture de tissus, une petite entaille faite à la lame gilette, et introduit dedans très soigneusement le pognon en billet proprement pliés… c’est pas grand chose mais c’est toute sa fortune, sa clé pour la liberté, la clé de sa prochaine cavale… la fliquette ne voit rien, sa main caresse le tissu mais ne sent rien… ouf sauvée… enfin sauvée pour l’instant.
Descente au sous-sol, mise en bémol… passer la porte, entrer et ne pas penser… obéir à la demande :
-“Otez vos lacets s’il vous plait, votre chaîne aussi…”
Puis prendre possession de ces quelques mètres carrés… un lit dont les pieds sont rivés au sol, une planche dessus en guise de sommier, une couvrante, et un seau dans un coin…
Ne pas oublier de lire le règlement affiché au mur, c’est obligatoire et redécouvrir que toutes les phrases commencent par les mots : il est interdit …
Caly 2004
avril 29, 2006 à 1:33 (Caly l'écrit-vaine, Finalité)
Allongée dans le noir, elle écoute les bruits diffus qui lui parviennent des autres cellules… des sanglots à peine étouffés, les ronflements bruyant du soulard qu’ils ont amené tout à l’heure et qui épuisé d’avoir chanté ses chansons paillardes, s’est écroulé dans un grand bruit sourd…
Elle essaye de ne pas penser, ni au temps, ni à demain… no futur ! oublier qu’elle est seule au monde, nier l’injustice qui fait qu’elle ne peut demander aucune aide, aucun secours. Elle est mineure, une mineure n’a aucun droit… Un criminel, un assassin peut demander la présence de son avocat… pour une mineure, les droits de l’homme, c’est du nougat… bulshit, peanuts et cacahouètes.
Pourtant meutrière elle l’est dans un sens, mais nul ne le sait… et son esprit bat la campagne, le mur qu’elle a construit autour des ses souvenirs s’éffrite, la volonté se dilue, le passé afflue puis reflue, éternelle marée, incontrôlable, incontrolée…
Elle revoit le terrain vague, espace sauvage, plein d’herbes folles et de buissons. Elle revoit le cerisier en fleur, elle revoit son amoureux de l’époque, ce garçon qu’elle surnommait Cow-Boy et avec qui elle se sentait bien, l’émoi de leurs premières caresses, malhabiles. Elle s’est offerte, par tendresse, pas de plaisir, juste l’envie du désir, le besoin de faire plaisir. Offrir son corps pour recevoir un peu d’attention, se donner pour recevoir un peu d’amitié….
C’était il y a un an, c’était hier, elle avait 16 ans… en ce temps là, elle faisait encore partie des vivants…
Les rendez-vous sous le cerisier se sont succédés, l’arbre n’était plus en fleur, mais portait l’ébauche de fruits, et ce sentiment de plénitude, incompréhensible, qui grandissait en elle aussi…. Elle se souvient de ses premières nausées… de ses malaises, de ses envies et du bonheur ressenti à voir se confirmer ses doutes et ses angoisses. Elle n’était plus seule, elle était deux ! et de sentir grandir ce nouvel être au creux de son ventre….
Vinrent les soupçons dans le regard de sa mère, pas de questions, juste des allusions… et d’une conversation entre femmes, sa mère et sa grand-mère, conversation dont elle ne comprenait pas le sens à l’époque….
- si c’est ça, il faut le faire passer…
- oui, mais c’est interdit par la loi, comment faire ? tu connais une faiseuse d’ange ?
- il y a une recette, des herbes… tu introduis dans le vagin, cela dilate le col et ”ça” se décroche tout seul…
Les souvenirs affluent, elle ne peut les repousser, les larmes coulent et de repartir en enfer….
Une visite chez le gynéco avait confirmé son état, elle était enceinte de trois mois. Grand conseil de famille, tous parlent, crient… elle n’a pas voix au châpitre… Il faut détruire la preuve de la faute, il faut éffacer ce batard ! Elle crie, devient hystérique, défend son enfant à naître, de toutes ses forces, elle n’a que 16 ans, elle est seule, le “père” n’ose même pas la regarder en face…
Puis ce premier voyage, d’abord aux Pays-Bas… le médecin qui l’ausculte et refuse de l’avorter. Elle n’oubliera jamais les paroles qu’il dit à son père : Monsieur, je ne peux pas avorter cet enfant, elle est enceinte de bientôt quatre mois, ce serait un meurtre !
Elle lui saute au cou de bonheur et l’embrasse. Elle remercie le bon dieu, le petit jésus et sainte marie… elle est béate, heureuse… et l’enfant qu’elle porte dans son ventre semble appaisé lui aussi, ses mouvements se font plus doux, il semble s’endormir enfin en confiance….
Après tout est flou… retour en Belgique, un médecin vient lui faire des piqûres, des vitamines soi-disant… elle flotte, nébuleuse, nauséeuse, le temps passe, mais combien ? une semaine peut-être… elle ne sait plus, elle ne sait pas… un avion, voyage en angleterre, pas de volonté, pas de possibilité de réaction…
Puis le réveil, dans une clinique londonnienne…. atroce… une couche pleine de sang entre les jambes, une douleur qui vrille, un ventre vide… l’enfant n’est plus, l’enfant est mort… et elle est condamnée à vivre, à vivre encore…
Au retour, Cow-Boy l’attendait à l’aéroport, il veut l’embrasser, elle le repousse, dégoutée.
Puis la maison, et cette envie de se réfugier dans les bras de quelqu’un, mais sa mère la regarde hostile, et son père relatant le voyage dit : – c’était un garçon. j’ai autorisé qu’ils l’utilise pour leurs expériences….
Elle monte à l’étage, va à la salle de bain… prend une boite de lames gilette et tous les médicaments ou il y a une tête de mort sur l’étiquette… puis redescend et sans un mot quitte la maison…
Elle retourne au terrain vague… sous le cerisier. Elle avale toutes les pilulles et méthodiquement s’ouvre les veines…. La douleur ne compte pas, la souffrance bientôt ne sera plus… et sa dernière pensée avant le coma est de maudire dieu et l’humanité toute entière, et d’ajouter Jésus et Marie et tous les saints
Caly 2004