nausée…

Il est polonais. 18 ans. Il a tué pour rien. Pour un MP3 diront certains. Il a tué. Quelques coups de couteau, 5 exactement, puis plus rien. une course, une fuite, un vent de frousse, passe à la suite…

Il est belge. 18 ans. Il a blessé une femme, en a tué une autre, puis abattu une enfant de 2 ans. Pour rien. Par racisme. Pour le sport. Pour son mal-être qu'il vivra encore… et encore…

et moi… Moi ? qu'importe ce moi que chacun importe, exporte, le nombril n'est pas le point ultime…

Ce soir au boulot j'ai du gérer mes gars, pas facile pour eux entre les discours racistes et les conneries fascistes….

Je n'ai trouvé qu'une solution pour rétablir l'équilibre…

J'ai proposé que chacun se saigne…. qui de la belge (moi) du portugais, du libanais, du marocain, de l'algérien, du scharbeekois, du ucclois…. oui que chacun se saigne…. là au creux du bras, ou au poignet… sourires…

ils ont compris qu'en dessous de toute couleur de peau et quelle qu'elle soit, que sous toute nationalité et quelle que soit la religion ou l'endoctrinement…c'est un même sang qui coule…

Vannée moi là… mais heureuse aussi d'avoir réussi…

lettre à Grégoire

Je doute, Grégoire, que tu attendes encore réponse de ma part, d'ailleurs il est si tard…

D'autant que tes mots ne m'étaient pas adressé. Je ne suis pas Alex, ni ton ex, ni ton futur non plus d'ailleurs. Je ne suis qu'une infinie parcelle de ton présent, instant fugace qui deviendra passé à peine prononcé, prêt à être décomposé à coup d'imaginaire qui recompose sans fin les souvenirs à venir…

Oui, je te répond, bien que je ne sois ni A, ni Lex, d'ailleurs qui suis-je… Sex et Omega ? je ne sais pas… mais qu'il soit bien clair que je ne t'offrirai pas la corde pour te pendre, je préfère et de loin te proposer le rire pour me prendre.

Prendre le dernier train, ou le premier d'ailleurs qu'importe. Cela dépendra probablement de l'en-train mis à entamer le dernier acte… Prendre le train donc, tel lapin blanc se laisser hypnotiser par ses grands phares éblouissants, et ne pas le prendre finalement, s'écraser sur la voie, pour enfin sortir du rang, ne plus suivre les rails surtout, s'écraser tel fruit mûr d'api et finir en claffouti… oui l'image est belle, pour qui n'aime pas les pommes…

Dis-moi, crois-tu que celle de la connaissance se dévoilera après le compo(s)tage final?

Je ne te ferai pas l'affront de te citer ici les cent et une mille bonnes raisons de poursuivre la route. Les mots trop communs, tels qu'amis, amants, le sourire d'un enfant… quoi que….

Quoi que, la douceur d'une caresse, un éclair dans un regard, le charme d'une larme, la beauté d'un geste, un frôlement d'ame, tous ces instants fugaces qui, si la solitude ils n'éffacent, la rendent plus aigue, plus "vivante"… plus douce aussi à qui n'a plus peur de tomber dans l'escalier, parce qu'une main tendue lui a rendu un peu de sérénité.

Oui, je sais, Grégoire… les mains tendues sont rares, si rares… Et parfois, souvent, comme toi j'ai envie de…

mais…

Est-ce ma condition de femme qui me propose un autre décor ? aux quais de gare, je préfèrerais l'intimité de l'alcove, à la bouillie finale, une plaie plus subtile, et prendre le temps de regarder la vie me quitter goutte à goutte, perles rouges et écarlates telles les fruits mûrs de l'été, Faire l'amour avec l'a-mort, avec l'amor… pour mieux oublier l'automne et d'un soupir d'extase, d'une jouissance finale tuer l'hiver a-venir.

"La caresse de l'arme blanche

rouge cascade

sentiment d'avalanche

pensée cavalcade

il n'est pas de neige éternelle

ultime soumission être celle,

rien que celle qui murmure ton nom"

Pourtant… pourtant… quelle serait la beauté du geste ? Aucune noblesse dans la défaite. Car le suicide, oui, osons poser le mot, le suicide n'est-il pas, paradoxalement une façon de refuser l'innéluctable ? Devancer l'échéance, refuser le destin… rompre le combat et jeter le gant… Ah, le geste serait sublime si nous étions éternels…

Tes regards se posent sur le néant, peut-être… les miens se posent sur toi, sur cette densité que tu dis perdre, ce changement de consistance. Je te regarde… et je Te vois, oui je vois, un homme en constante évolution, tel un univers en expension…

Caly 06.2005 à suivre… peut-être…

Note : ce texte est un pâle essai de réplique à un texte de Pant. Merci gentil poète de m'avoir donné l'envie de poser les mots…