lettre à Grégoire

Je doute, Grégoire, que tu attendes encore réponse de ma part, d'ailleurs il est si tard…

D'autant que tes mots ne m'étaient pas adressé. Je ne suis pas Alex, ni ton ex, ni ton futur non plus d'ailleurs. Je ne suis qu'une infinie parcelle de ton présent, instant fugace qui deviendra passé à peine prononcé, prêt à être décomposé à coup d'imaginaire qui recompose sans fin les souvenirs à venir…

Oui, je te répond, bien que je ne sois ni A, ni Lex, d'ailleurs qui suis-je… Sex et Omega ? je ne sais pas… mais qu'il soit bien clair que je ne t'offrirai pas la corde pour te pendre, je préfère et de loin te proposer le rire pour me prendre.

Prendre le dernier train, ou le premier d'ailleurs qu'importe. Cela dépendra probablement de l'en-train mis à entamer le dernier acte… Prendre le train donc, tel lapin blanc se laisser hypnotiser par ses grands phares éblouissants, et ne pas le prendre finalement, s'écraser sur la voie, pour enfin sortir du rang, ne plus suivre les rails surtout, s'écraser tel fruit mûr d'api et finir en claffouti… oui l'image est belle, pour qui n'aime pas les pommes…

Dis-moi, crois-tu que celle de la connaissance se dévoilera après le compo(s)tage final?

Je ne te ferai pas l'affront de te citer ici les cent et une mille bonnes raisons de poursuivre la route. Les mots trop communs, tels qu'amis, amants, le sourire d'un enfant… quoi que….

Quoi que, la douceur d'une caresse, un éclair dans un regard, le charme d'une larme, la beauté d'un geste, un frôlement d'ame, tous ces instants fugaces qui, si la solitude ils n'éffacent, la rendent plus aigue, plus "vivante"… plus douce aussi à qui n'a plus peur de tomber dans l'escalier, parce qu'une main tendue lui a rendu un peu de sérénité.

Oui, je sais, Grégoire… les mains tendues sont rares, si rares… Et parfois, souvent, comme toi j'ai envie de…

mais…

Est-ce ma condition de femme qui me propose un autre décor ? aux quais de gare, je préfèrerais l'intimité de l'alcove, à la bouillie finale, une plaie plus subtile, et prendre le temps de regarder la vie me quitter goutte à goutte, perles rouges et écarlates telles les fruits mûrs de l'été, Faire l'amour avec l'a-mort, avec l'amor… pour mieux oublier l'automne et d'un soupir d'extase, d'une jouissance finale tuer l'hiver a-venir.

"La caresse de l'arme blanche

rouge cascade

sentiment d'avalanche

pensée cavalcade

il n'est pas de neige éternelle

ultime soumission être celle,

rien que celle qui murmure ton nom"

Pourtant… pourtant… quelle serait la beauté du geste ? Aucune noblesse dans la défaite. Car le suicide, oui, osons poser le mot, le suicide n'est-il pas, paradoxalement une façon de refuser l'innéluctable ? Devancer l'échéance, refuser le destin… rompre le combat et jeter le gant… Ah, le geste serait sublime si nous étions éternels…

Tes regards se posent sur le néant, peut-être… les miens se posent sur toi, sur cette densité que tu dis perdre, ce changement de consistance. Je te regarde… et je Te vois, oui je vois, un homme en constante évolution, tel un univers en expension…

Caly 06.2005 à suivre… peut-être…

Note : ce texte est un pâle essai de réplique à un texte de Pant. Merci gentil poète de m'avoir donné l'envie de poser les mots…

8 commentaires

  1. eden a dit,

    mai 13, 2006 à 11:56

    Des instants fugaces aussi, où la vie est insipide, trop de larmes et l’arme t’en délivre.
    Alors une main tendue peut créer l’étincelle et ranimer Grégoire, l’extraire du vide, et peut-être trouver un “équilibre”.

    Bises.

  2. Caly a dit,

    mai 13, 2006 à 1:10

    hé oui Eden… Trouver un équilibre ou mieux encore trouver L’équilibre…

    Certains mettent longtemps, d’autres ne trouvent jamais… Pourtant c’est le seul moyen d’avancer sans trop de danger… Sourires…

    Je t’embrasse

  3. frederic a dit,

    mai 13, 2006 à 3:46

    Que tu es joueuse, je me ferais une sortie papier de chaque version sans aversion pour mieux prendre , comprendre tes routes, détours de magie

  4. Caly a dit,

    mai 13, 2006 à 8:30

    pour comprendre mes routes empruntées, il faut faire la somme de mes déroutes cummulées….

    sourires…

    pas facile, je sais…..

  5. frederic a dit,

    mai 13, 2006 à 8:47

    Si la route devient belle un jour à force de pannes , débacles et d’impasses quel beau chemin m’attend

  6. Caly a dit,

    mai 13, 2006 à 9:07

    Ce qui me rapelle de ré-importer un super beau poème…. qui parlait du chemin….

    *Caly partant en quête d’un poème égaré*

    sourires

    Oui Chevalier, il est beau le chemin de l’amitié…. j’en suis certaine….

  7. Caly a dit,

    mai 13, 2006 à 10:14

    Désolée, Chevalier… j’aurais bien aimé continuer la conversation, mais no connection à mon mail…..

    pffffffffffffffffff je sais pourquoi je hais l’informatique moi !

  8. frederic a dit,

    mai 13, 2006 à 10:28

    Sourire…douce nuit à toi alors et merci pour les sourires


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