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Je suis là devant ce meuble de bois noir, les yeux rivés sur le tiroir,antre mystérieux de jouets fabuleux, antre mystique d'ustensiles maléfiques ? j'attends immobile, la tête pleine de pensées fugaces, futiles….
J'attends. Quoi ? Je ne sais pas, je ne sais plus. J'ai pris la position que tu m'as demandée, sans réfléchir vraiment, poupée pétrifiée par la peur, le stress, le trac, car tantôt, tout à l'heure, bientôt se jouera le premier acte, d'une pièce dont je ne connais ni le décor, ni le texte, une pièce que j'ai imaginée souvent, l'embellissant probablement de mes rêveries amoureuses.
Pourtant maintenant, je me demande ce que je fais là, nue et cambrée, les mains dans le dos, non pas liées, simplement posées, le poignet gauche reposant dans la paume de ma main droite. Nulle entrave, je suis libre. Libre de garder la pose, ou d'aller me rassoir sur le canapé. Tu ne m'en voudrais pas d'avoir flanché, je le sais où du moins je le crois. Je ne sais plus, je ne sais pas. C'est libre, qu'il y a quelques instants, j'ai entr'ouvert le tiroir, geste convenu pour te dire que "oui" je te demande de me poser collier… c'est libre, consentante et timide que je te l'ai demandé, c'est libre et souriant que tu me l'as posé délicatement, tendrement…
Libre… et prisonnière à la fois, de ta tendresse, de ton regard, de ta voix. Prisonnière de cette tendresse que tu offres à mon coeur assoiffé, de ces caresses dont mon corps ne se lasse pas, trop longtemps sevré. Prisonnière et Libre, ni esclave, ni chienne, non simplement Femme et… Soumise ? je ne sais pas, je ne sais plus. Femme je suis, c'est une évidence, du bout des ongles aux pointes des seins. Femme je suis au fond de l'ame, à fleur de peau. Mais Soumise ? Pourtant tu me dis Majuscule, souvent. Je ne sais plus que penser, je tourne en rond, je tremble encore, je pense encore. Trop. Ou mal. Je pense mal. Quelques bruits venus de la salle de bain me tirent des mes pensées, tu es là, juste à coté, pas loin, proche et pourtant je me sens seule comme jamais. Je remarque à peine que je tremble de tout mon corps, j'ai une main crispée sur mon poignet comme si je m'accrochais à moi-même, comme si me tenir très fort ainsi pouvait m'empêcher de tomber. J'ai peur. J'ai peur et je tremble. J'ai les yeux qui piquent et la gorge sèche. J'ai besoin d'une clope, j'ai besoin d'un whisky, d'une bière, de n'importe quel alcool, j'ai le trac et je tremble, pourtant je ne bouge pas.
Je me sens seule. Non pas seule : abandonnée. J'ai envie de chialer, de me laisser tomber, là sur le tapis, de trouver position foetale et ne plus penser. J'ai peur. Peur ? de quoi ? l'image se construit, se décompose, puis renait : peur de te perdre ? Pourtant la soumission n'est qu'une des composante de notre relation. D'abord l'amitié, la tendresse, l'Amour. La soumission ensuite et sans obligation. Tu me le dis sans cesse. Par gentillesse ? pour mieux m'apprivoiser ? Qu'importe, je t'ai choisi, me suis offerte à toi un soir de nativité… et ce chemin je le suivrai, en amour, en confiance…
En confiance… Une autre réalité prend consistance, j'entre au centre de moi et paradoxalement je sors de mon corps, je prend conscience de ma nudité, de ma position, je me vois nue, offerte, mains dans le dos, cheveux tombants, je me vois…. j'ai moins peur… je me vois, et j'aime la vision, la vision d'une sabine, la vision de moi, j'entre en moi et à la fois je pars, je me quitte, je suis quitte de tous problèmes, je suis Femme, nue et Soumise, je suis Moi. Je suis Libre et c'est Libre que Je suis Tienne.
Entrée en mes territoires, ceux qui n'ont jamais été foulés, ces terrirtoires dont la Soumission est la clé, entrée dans un univers différent et pareil pourtant, sauf que dans une autre dimension… un univers ou tu es Roi, ou je suis Reine…
un univers ou tu es venu me rejoindre, me disant simplement, voyant que je n'ai pas bougé et gardé position : Merci ma Soumise, tu es belle, tu es Majuscule….
John a dit,
mai 17, 2006 à 10:26
Votre écriture est d’une beauté troublante. Vous êtes troublante.
frederic a dit,
mai 17, 2006 à 2:04
Joli tableau, il donne envie d’en voir le reflet dans l’oeil de Il…
Caly a dit,
mai 17, 2006 à 3:21
Je vous remercie du compliment, John
Caly a dit,
mai 17, 2006 à 3:22
Qui sait, frederic… peut-être mon “il” postera-t-il sur le sujet… mais j’en doute….
sourires….
frédéric a dit,
mai 17, 2006 à 5:20
De tes récits sont toujours visuels, c’est ce qui les rend charmants…Tu retranscris bien ce joli mélange d’émtions qui nous nourrit: peur, fierté,excitation, honte, joie, gourmandise…
Caly a dit,
mai 17, 2006 à 6:55
peut-être est-ce parce que je préfère et privilégie la mémoire visuelle, l’autre me faisant défaut… du moins pour les temps d’avant ma reconstruction….