Oui il suffit parfois d’un billet, tel celui de chez Dame pour que l’envie me prenne de poster ici un ancien texte… (enfin quand je dis “texte” c’est un grand mot… sourires) mais j’aime et j’aimerai toujours dire les choses comme elles sont… je me suis tue trop lontemps faut croire….
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Il suffit parfois…
d’un commentaire… qui d’ailleurs n’en est pas vraiment un, vu qu’il ne commente pas un texte, mais s’en sert comme support….
La recherche sur google ayant amené “slut” chez moi est ” blog journée de la femme”, moins grave que certains autres mots clés, non ? …. sourires….
Recherches approfondies parce que le sujet m’intéresse, et un site trouvé, c’est là, réservé bien évidemment aux adultes…
Alors quoi ? se diront certains. Cela vaut-il que Caly poste un billet là dessus ? Ben oui ! tout simplement que, même si la situation n’est pas la même dans mon pays, je sais ce que veut dire “être mise au ban de la société”. Il n’y a pas si longtemps encore je me faisais traiter de garce, de pute, de salope, de femme “ayant vécu” par une bonne bourgeoise bien planquée… alors que le métier je l’ai quitté à 27 ans… ça fait un bail pourtant… Sourires…
Oui le métier je l’ai fait. J’ai commencé à 16 ans, peu après l’avortement. Parce qu’après ce genre de finalité et en cavale, t’as pas vraiment le choix tu vois ? C’est crever ou survivre. Manger aussi. Parce que les mecs, ils pensent à te souler, à te baiser, mais jamais à te nourrir quand t’es paumée. Alors tu finis par comprendre qu’il faut du pognon en compensation. J’ai ramé, j’ai pleuré. J’ai pris des baffes et des coups. J’ai connu la peur. la vraie peur. J’ai subi viol et violences. J’ai appris aussi. Les “Hommes” et les “hommes”. J’ai subis les macs et arnaqué les pigeons. J’ai appris à masquer les douleurs, à afficher l’indifférence. J’ai appris l’Humain dans toute sa décadence. J’ai tarifé mon corps pour libérer mes pensées. J’ai pris métier, je me suis re-créée, ré-inventé un futur. Seule possibilité de trouver une sortie à la “non-vie”. C’était avant tout question de survie, et vrai que j’y ai trouvé un “certain” bonheur…
Un ami, un Amour d’ami, m’a déconseillé d’écrire ce billet ce soir. Pourtant va savoir pourquoi je passe outre. Je m’en fiche de l’opinion des chiens/chiennes de garde qui hurlent bien à l’abri de la meute : “ni putes, ni soumises” ne connaissant même pas la valeur des mots…
Peut-être parce que c’est mon billet le plus “vrai” de ce blog, ou le moins codé plutot. Et l’écrivant, je pense à Marie, oui à Marie surtout, à Michèle et puis Loïc et d’autres encore, à Didier, mon ami, mon frère, mort du sida pour cause d’amour tarifé mais non protégé, il y a tant d’années déjà.
Alors ce billet, ma petite contribution à l’édifice en construction… Oui, j’ai fait le métier, je n’en ressens ni honte, ni fierté, mais je peux affirmer qu’il m’aura permis de faire de moi ce que je suis : une Femme à part entière, plus forte, plus profonde, moins fragile… même si je coule encore souvent… pour moi c’était un passage obligé, un éccueil de vie, j’en ai fait un accueil, un passage vers la Vie, un reccueil de pensée…
Et là je pense à tous ceux/celles qui le vivent encore, autrement ou mieux… ou pire, va savoir. Je pense à ceux/celles qui ne recoivent que mépris, traque, coups de trique et avanies. Je pense à ceux/celles obligé(e)s d’aller se faire “encarté(e)s” dans un commissariat glauque, je pense à ceux/celles qui se font rafler, raquetter, bastonner, violer… Parce qu’ils/elles font LE métier, celui qu’on dit le plus vieux du monde….
Pathétique non ?
et pour ceux qui ont loupé le lien, c’est ici
et là je signe :
Caly 14.03.2006