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Partir. Les mains dans les poches. Non, même pas fuir, ni les regrets, ni les reproches.
Partir comme en promenade, laisser tous les souvenirs en rade, prendre le large, simplement, sans bateau, sans barge, sans rien d’autre qu’un souffle poussé, venu d’un monde autre, d’un univers où rien n’a de place, ou n’existe ni la glace, ni le froid, ou nulle habitude n’a valeur de certitude…
Partir comme on cavale, sans but et sans escale. Partir pour me rejoindre, jusqu’à l’oubli, jusqu’au point ou l’aube se couche, jusqu’à trouver l’instant ou je rirai de mes larmes, ou j’aurai l’insouciance de tous les drames, les miens, ces petits riens, ces petits flous, poussières de granit, pierre qui s’effrite, se fissure, se crève.
Partir les mains dans les poches, sans aucune de ces valeurs qui s’effilochent, sans pensées, ni arrières, ni avant, partir et conjuguer au présent. Sans indicatif. Sans itinéraire. Partir et rejoindre la grève, la vague, l’océan.
Partir. Droit devant.