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Ecrire, simplement écrire. Pour ne plus penser. Poser les mots, sans les toucher, simplement les effleurer, les déposer tels sacrifices sur autel de papier. Regarder la pointe bic dessiner, tout en lettres rondes, ramassées, des mots sans suite, des phrases sans fin, des lignes sans point. Ruisseaux d’encre sans interrogations, simplement poser les émotions, pour ne pas verser dans l’érosion, celle des Mc do des sentiments, celle des Quick de l’instant.

Ecrire pour ne pas dire les larmes cachées, tues, rentrées, refoulées. Pleurer en dedans, sans sanglots, sans faire de vagues. Laisser l’eau couler. En dedans. Ecrire pour ne plus entendre cette voix en moi qui me hurle : ” ne le prend pas ce putain de train il ne suit pas ta voie”. Ces rails se trompent de chemin, ne mènent à rien, sauf à ma vie, là-bas, enfin cette partie de vie où je ne vis pas, où je vague mais ne vogue pas.

Ecrire pour ne pas chialer, sur la vitre un coeur dessiné que je regarde fascinée, Lui seul occupe toutes mes pensées. Ne pas voir les autres, ceux qui m’entourent, ces autres apotres, voyageurs incongrus, filants sans étoiles au rythme de leur destinée vers des paysages inconnus…

Ecrire pour me souvenir, de tous ces souvenirs en devenir, de nos fou-rires, de nos silences, de nos mots sans errances, de nos moments vanille, de nos moments “intimes” et non rêvez pas, je ne dévoilerai jamais ici aucun secret d’alcove. Ecrire pour encore dire ta peau contre ma peau, tes bras qui m’entourent, tes yeux dans les miens. Ecrire pour hurler… ces mots que tu sais. Ecrire dans ce train qui roule sans fin. Ecrire parce que je suis morte. Enfin non pas. Mais in-vivante. En attente déjà. De toi. Je t’aime. Te l’ais-je dis ? Ce matin ? Hier à minuit ?
Ecrire encore et toujours, écrire même pas contre, même pas pour, écrire comme on prie, écrire comme on croit…. que demain, bientôt, jamais assez tôt, je le reprendrai ce putain de train, dans le bon sens cette fois…