et…

Et t’as le coeur au bord des lèvres, au bord du gouffre. Tu t’imaginais avoir atteint ce plateau, celui de la sérénitude… Il suffit de tellement peu, de presque rien… C’est si difficile les lendemains. Les jours d’après bonheur, ceux qui t’ont mit du baume au coeur. C’est si désert ma vie d’ici, enfin non pas, mais si pourtant. Parce que ta peau a soif déjà, de tendresse, de caresses. Parce qu’ici le silence est roi, dictateur même, qu’ici je ne conjugue pas en “M”…

La solitude, papa ! oui Brassens encore. Encore et toujours. Les pensées défilent, au pas cadencé, se font viles, inciviles, comme une envie de défoncer le mur d’en face, de briser la glace…

Tiens toi l’abbé, Pierre, pour ne pas te nommer… le plus bel hommage que je puisse te faire c’est justement de ne pas t’en rendre. Pas me la jouer comme tous ces politicards qui en bons charognards t’utilisent dans leurs campagnes à la con, qui me filent le bourdon. J’ai toujours pensé qu’un hommage est un jeu à deux, un jeu de dupes, il ne sert qu’à celui des deux qui est encore vivant et qui sans vergogne pense que l’instant présent sera son futur éternellement. Ils n’auront même pas respecté tes dernières volontés. Un comble non ?

J’ai l’esprit qui bouillonne, la révolte qui gronde, les pensées pas sages, comme prisent en otage par le coeur. Ou alors ce sont peut-être les larmes qui me brouillent la vision ? J’ai l’esprit brouillon…

Une envie de me faire la malle, partir loin et sans escale, aller là où le vent me pousse, oui partir, cavaler en douce… Reprendre baluchon, enfin non même pas, dans le baluchon j’ai rien à mettre, mes souvenirs sont dans ma tête, bien malin qui me les otera…

Matin de brumes et de cafard…

Dis ? c’est quand que je sortirai du brouillard ?