Souvenirs…

Je flanais dans les rues de l’île. Un dimanche matin, lumineux et serein. Pavés déserts, pas un passant, pas encore de passé ici, dans cette ville, qui pourtant cherche à me charmer, à doucement m’apprivoiser…

J’avais pris prétexte d’aller chercher le pain, une envie de croissants, de sucre, de douceur, un besoin de solitude aussi, de m’échapper, de m’évader, non pas de mon IL, mais de moi… Je me la joue hirondelle parfois, va savoir pourquoi…

Et mes pas qui me mènent à l’eau… Mon rapport à l’eau pourrait faire l’objet d’un roman… fleuve… sourires… Et il est là, majestueux sous le soleil, sauvage et libre, j’aime à penser que je lui ressemble… un peu… Je pense à rien, à tout. A cette étrange sérénitude que je ressens ici, comme si…

Impossible de me projeter dans l’avenir, je n’ai jamais pu, je n’ai jamais su le faire, impossible de savoir comment je vais m’en sortir, tout est si confus, si brouillon… oui, je suis un brouillon, une ébauche, un trait en pointillé, sans pour autant être gommée ou éffacée… Je suis en devenir même si encore à-venir…

Tout à l’heure, je rentrerai les joues fraîches, l’oeil rieur, je rejoindrai les bras de mon IL, je m’y réfugierai… tantôt, bientôt… je lui raconterai ma promenade sur l’île, le rire de la boulangère quand je lui ai demandé : un pain… les différences de coutumes entre nos deux pays m’amusent si tant…  je lui raconterai le fleuve si beau et le sourire des passants… Je lui dirai : je T’aime… et il me serrera si fort, si fort dans ses bras que je dirai : “attends, tu m’étouffes” en riant…

Tantôt, bientôt. Pour l’instant je suis femme libre et amoureuse, femme heureuse de marcher au hazard dans les rues de l’île, femme indépendante et pourtant si Sienne…

Au retour, je trouverai un post-il sur la porte…

Et un coeur dessiné dessus…

Merci mon IL