Lettre à un délateur

Oui quelques mots pour vous, vous qui êtes à l’origine de ça 

Je vous imagine assis avec d’autres bien pensants tels que vous,  autour d’un barbecue, dans un jardin de cette banlieue de bruxelles, chic et très chère, petite maison bourgeoise bien cloturée, une haie, un portail avec une affreuse photo d’un chien méchant devant… 

Je vous imagine votant “vlaams belang” au dernières élections, fier du slogan de votre commune qui est “waar vlamingen thuis zijn” (traduction pour mes lecteurs francophones : “où les flamands sont chez eux”)…  et de mettre un drapeau au fond jaune avec un grand lion noir, étendard flamand au balcon de votre chambre les jours de grands évènements…

Je vous imagine, mais après tout, peut-être faites vous partie de ces quelques francophones ayant réussi à s’incruster dans cette commune sans facilités(*).  Je ne vais pas entrer moi aussi dans le délit de sale race ! Quoi qu’il en soit, je vous imagine très fier de vous…  après tout n’avez vous oeuvré pour votre pays ? fait appliquer des lois imbéciles, joué le jeu pourri de l’anti-humanisme ? 

Ah !  vrai que le tableau de chasse est beau !  une gamine de 11 ans et une femme sans défense !  la prise est belle !

Auriez-vous fait mieux en 40 ?  probablement que oui…   A cette époque là, le chemin de la délation était autrement mieux balisé !  Combien de morts auriez-vous causés ?

Et ne me rétorquez pas qu’à notre époque les voyages sans retours sont beaucoup plus confortables, qu’on a remplacé le Vel D’hiv par le 127 bis, les wagons à bestiaux par des vols internationaux tout confort, même qu’on y a prévu une escorte et des coussins… 

Reste que…   j’ai honte de ma belgitude à cause de vous, monsieur.  J’ai honte pour vous aussi.  Non, rassurez-vous, vous n’arriverez pas à m’inculquer la haine.  Non même ma génitrice n’y est pas arrivée.   Mais je vous promet que si un jour la vie nous met face à face, je vous assènerai quelques notions d’humanisme.  Serez vous capable de les entendre ?   J’en doute !

J’ai d’autant plus honte de mon pays, que les autorités ont trouvé bon de donner suite à votre délation pour “délit de sale gueule”…  J’en conclu que si l’insulte raciste est punie par la loi, l’Etat ne se l’auto-applique pas ! 

Vous avez de beaux jours devant vous, monsieur…   Mais croyez bien que j’appelle de tous mes voeux qu’à la fin de votre vie, vous ayiez l’image de cette enfant en larme devant les yeux…    ce ne sera que le début de votre “purgatoire”, et je vous promet qu’il y a parfois long temps des remords à la mort… 

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(*) pour info à mes lecteurs qui n’habitent pas en Absurdie :  il existe autour de Bruxelles quelques communes flamandes qui sont dites à “facilité” ou les francophones peuvent s’intaller et utiliser leur langue maternelle pour s’exprimer.  Moi perso j’habite dans une commune sans facilités, ou tout, je dis bien tout acte officiel doit se faire obligatoirement en flamand.

ps : Pour agir c’est ici