des mots…

Quels drôles d’oiseaux…

Certains prétendent qu’ils sont fils de muse, d’autre disent qu’ils sont fils d’Ariane… 

Les mots : ces insaisissables…  A peine nés dans la pensée, ils toubillonnent, s’évadent, fuient et papillonnent, refusant l’imaginaire monochrome d’un tableau unique. 

Les mots, les miens, ne sont pas poètes, ils ne reflêtent que pâlement la lumière de ma vie, la lumière de mon lit, ils ne sont que pâle copie, petits frères morts-nés de tous ceux qui les ont engendrés. Mes mots buttent et trébuchent sur mes maux, sur l’impossibilité de jouer leur role d’écho, mes mots naissent du silence et meurent dans un murmure jamais prononcé…

Qu’y puis-je ?

Mes mots souvent se précipitent, se bousculent. Et moi la funambule, je les laisse s’agiter par peur de tomber. Sur le fil, je les libère, ils ne sont que maitres éphémères, sans aucun pouvoir sauf éventuellement sur l’esprit du lecteur. Mes mots ne sont pas traitres, mes maux non plus.

Parce qu’il y a un échappatoire aux uns comme aux autres, il y a toujours une porte de sortie. Même quand tu te sens bloquée en plein milieu de l’escalier, même en plein milieu de ces putains de marches, qu’au plus tu grimpes au mieux tu crèves, t’as encore le choix…

Et pendant que j’écris, là maintenant, mille mots se sont précipités dans ma tête, quelques maux aussi, mais je ne suis pas poète, je ne peux décemment en faire une fête, ni un feu d’artifice, encore moins un pensum factice.

Et pourtant les mots, fut une époque, j’avais appris à les apprivoiser, à en faire non des alliés, mais des ambassadeurs, de ceux qui dans la tempête exprimaient mes peurs.

Mais que peuvent les mots ? Rien. Non ils ne peuvent rien, les mots tournent en ronds, se vantent et se pavanent, s’esbrouffent et s’ébouriffent, se fondent dans la masse de tous les maux, n’expliquent rien. Tout simplement parce qu’au delà des mots il y a autre chose. Un miroir, une lumière. Et qu’arrivé à ce stade là, faut-il encore des … ?