le vieil homme…

C’était un vieil homme, vétu de beige, une couleur de sable, d’une couleur passe-désert, de l’humeur d’un gosse privé de dessert, une couleur sans lumière.  Sans lumière apparente, sans lumière transcendante…

C’etait un vieil homme assis sur un banc, un banc sans cette Pierre qui roule mais n’amasse pas mousse, d’un banc fait de Coran de la même souche mais pour lui autrement scintillant…

C’était un vieil homme portant la barbe, comme ses ancêtres, assis là, sur le sable blond, regardant l’horizon…

Au milieu du désert, il y avait autrefois la vie, le rire, le travail aussi.  Oui, il fallait travailler, bien sûr ! Mais qu’importe…  Tant les femmes étaient belles sous leurs voiles, dansantes, le ventre nu, lanscinantes et le coeur à nu…  Au coeur du désert il avait construit, lui et tous les siens auparavent, lui comme le feront encore ses enfants…  depuis les temps des temps, ils avaient tous, les anciens, construit leur monde patiemment…

Le vieil homme était au crépuscule de son temps, c’était écrit et compliment, il finira bientôt.   Pourtant…   pourtant….

A l’aube de ce matin, ou était-ce un soir, au seuil de la dernière marche de sa vie, il apprit que sa terre, son territoire, sera désormais donnée, offerte, cette terre source de toutes sa mémoire, berceau de ces ancètres, mère de son histoire, en résumé terre mère, avait été donnée à d’autres, aux étrangers…

Le ciel c’est paré de noir, le soleil de pourpre, il apprit qu’une résolution nommée 181, décidée par les Nations-Unies était votée.  Il a entrevu soudain que ses enfants n’avaient plus d’autre avenir que celui de “suicidant”

Le vieil homme est mort le 30 novembre 47.  Il habitait Gaza.