C’était un vieil homme, vétu de beige, une couleur de sable, d’une couleur passe-désert, de l’humeur d’un gosse privé de dessert, une couleur sans lumière. Sans lumière apparente, sans lumière transcendante…
C’etait un vieil homme assis sur un banc, un banc sans cette Pierre qui roule mais n’amasse pas mousse, d’un banc fait de Coran de la même souche mais pour lui autrement scintillant…
C’était un vieil homme portant la barbe, comme ses ancêtres, assis là, sur le sable blond, regardant l’horizon…
Au milieu du désert, il y avait autrefois la vie, le rire, le travail aussi. Oui, il fallait travailler, bien sûr ! Mais qu’importe… Tant les femmes étaient belles sous leurs voiles, dansantes, le ventre nu, lanscinantes et le coeur à nu… Au coeur du désert il avait construit, lui et tous les siens auparavent, lui comme le feront encore ses enfants… depuis les temps des temps, ils avaient tous, les anciens, construit leur monde patiemment…
Le vieil homme était au crépuscule de son temps, c’était écrit et compliment, il finira bientôt. Pourtant… pourtant….
A l’aube de ce matin, ou était-ce un soir, au seuil de la dernière marche de sa vie, il apprit que sa terre, son territoire, sera désormais donnée, offerte, cette terre source de toutes sa mémoire, berceau de ces ancètres, mère de son histoire, en résumé terre mère, avait été donnée à d’autres, aux étrangers…
Le ciel c’est paré de noir, le soleil de pourpre, il apprit qu’une résolution nommée 181, décidée par les Nations-Unies était votée. Il a entrevu soudain que ses enfants n’avaient plus d’autre avenir que celui de “suicidant”
Le vieil homme est mort le 30 novembre 47. Il habitait Gaza.
B. a dit,
janvier 26, 2008 à 4:22
Deux billets bien ficelés, de la réaction et de l’émotion, sur un sujet qui visiblement ne stimule pas beaucoup les commentaires.
Le mien a muri, et il change guère en fait.
C’est que je suis issu d’une famille qui a résisté dans le sang et la mort aussi durant la dernière guerre mondiale (et la précédente aussi). Ces parents, hommes comme femmes, ont risqué leur vie pour lutter sous diverses formes contre l’occupation, ont tué parfois, les nazis appelaient ces résistants “terroristes”. . Ce n’était pas que l’occupation qui motivait ce courage, ils avaient conscience de tout ce que cette dictature impliquait, la shoah en particulier.
Oui ils se sont battus, leurs stigmates pas forcément visibles sont bien présents dans l’esprit de tous ces résistants survivants.
Ils m’ont aussi transmis avec pudeur et sans m’y forcer ces valeurs qu’ils ont acquises avec tant de douleur.
Il est surprenant de voir à quel point ces “terroristes” selon les nazis ont un quelque chose de particulier maintenant, ils ont ce regard à la fois prudent sur les choses du monde, et bienveillant sur les différences. Je l’exprime mal peut-être. Le mot LIBERTE, voila ce qu’ils acceptent chez qui ne leur ressemble pas.
Ce préambule nécessaire étant fait, je commente donc …
Dans leur conscience, le combat n’est pas fini, parce que ce qu’ils ont combattu se reproduit de plus en plus, pas avec la même ampleur parce que c’est atomisé, mais tout aussi meurtrier, lâche, sans raison, sur à peu près tous les continents.
Les israéliens sont sur une terre que je qualifie de légitime mais qui ne leur appartient pas, elle leur a été donnée Les palestiniens ont été chassés d’une terre qui était légitime aussi, et qui leur appartenait.
J’entends parfois des jeunes israéliens qui crachent des mots qui sont copie conforme de ceux des nazis, tout autant de jeunes palestiniens.
Depuis des décennies je vois les usa soutenir israel et chercher avec plus ou moins de bonheur à faire des plans de paix, çà paie pour les élections.
Comment peut-on imaginer que les usa mettent sur le même plan les intérêts des uns et des autres ? comment imaginer que les palestiniens se sentent les égaux dans ces triparties … Comment imaginer qu’israel ait peur que les usa les lache quand ils vont encore plus loin que trop loin ?
Comment imaginer que les palestiniens ne se révoltent pas quand leurs maisons sont rasées, quand on abat leurs oliviers centenaires pour construire ce mur, quand on leur coupe tout accès à ce qui est vital pour survivre ? je fais dans le “soft” là.
Et pourtant, dans chaque camp il ya des volontés incroyables, des gens précieux et nombreux, qui se parlent, qui construisent, qui savent qu’ils peuvent vivre ensemble.
Vieil homme, ces gens sont l’avenir de tes enfants.